La note de Renault passe en catégorie « spéculative » chez Moody’s




Les mauvais résultats du constructeur français Renault, pour lequel s’ouvre le 19 février 2020 le premier volet aux prud’hommes contre son ex-PDG Carlos Ghosn qui, après avoir fui la justice japonaise, a attaqué le constructeur concernant son licenciement, commencent à inquiéter les agences de notation. Moody’s a été la première à abaisser sa note.



Première année dans le rouge depuis 2009

Il fallait s’attendre à des conséquences de l’annonce de la très mauvaise année 2019 du constructeur Renault. Le groupe a perdu 141 millions d’euros et c’est la première fois depuis 2009 que les résultats sont dans le rouge. Forcément, les agences de notation ne sont pas rassurées alors que l’affaire Carlos Ghosn est toujours en cours.

Mardi 18 février 2020, l’agence Moody’s a donc baissé la note à long terme de Renault à Ba1. Renault tombe ainsi en catégorie spéculative. Une décision que Moody’s justifie par « les prévisions publiées pour 2020 par l'entreprise, qui anticipe un nouveau recul de la marge opérationnelle du groupe, et la faiblesse de l'environnement de marché ». Le secteur automobile dans sa globalité a en effet été en difficulté en 2019 et l'année 2020 ne commence pas sous les meilleurs augures.

De nombreux paramètres pèsent sur l’avenir de Renault

Moody’s donne quelques précisions concernant l’avenir du constructeur, selon ses analystes. L’agence estime notamment que le durcissement de la réglementation sur les émissions de CO2 va peser sur les résultats du groupe et que l’année 2020 devrait se terminer avec un flux de trésorerie fortement dans le rouge, à -2 milliards d’euros.

Son partenaire, Nissan, est également dans la tourmente avec une année 2019 difficile, ce qui pèse sur l’ensemble de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Mais Moody’s se veut rassurante, estimant que le groupe peut résister aux difficultés qui l’attendent. Renault, de son côté, a annoncé un plan d’économies d’envergure, avec à la clé des fermetures d’usines et des suppressions d’emplois.

 


19 Février 2020