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Conseils d'administration : 46% des membres sont désormais des femmes





L’entrée en vigueur du premier seuil de la loi Rixain au 1er mars 2026 marquera un tournant pour les entreprises françaises de plus de 1.000 salariés. Désormais, la présence des femmes dans les instances dirigeantes devient un indicateur de pilotage à part entière. Pour les dirigeants, la question n’est plus seulement de respecter des quotas mais de structurer des trajectoires permettant aux femmes d’accéder durablement aux centres de pouvoir.



Les femmes dans les conseils d’administration : un socle solide de gouvernance

En 2026, la mixité des conseils d’administration est clairement installée. Les femmes représentent 46% des membres des conseils dans le SBF 120 et 46,4% dans le CAC 40, nous apprend le Baromètre 2026 de l’Institut Français des Administrateurs et Ethics & Boards. Pour les dirigeants, ce chiffre traduit une maturité du cadre de gouvernance français, largement portée par la loi Copé-Zimmermann.

Toutefois, derrière cet équilibre apparent, la concentration du pouvoir reste très asymétrique. En effet, seules 13,3% des présidences de conseil du SBF 120 sont occupées par des femmes, et cette proportion chute à 5% dans le CAC 40. Autrement dit, les femmes participent pleinement aux décisions, mais demeurent rarement en position d’arbitrage ultime. Pour les dirigeants, cette situation interroge directement les processus de succession et de nomination aux fonctions non exécutives clés.

Les femmes dans les comités exécutifs : une avancée réglementaire plus que culturelle

Du point de vue des dirigeants, l’année 2026 constitue une étape structurante. La part des femmes dans les comités exécutifs et comités de direction atteint désormais 30% dans le SBF 120 et 31% dans le CAC 40, conformément au premier seuil de la loi Rixain. Pour les directions générales, ce seuil marque un changement d’échelle, imposant une revue approfondie des viviers internes.

Cependant, cette progression reste fortement corrélée au périmètre réglementaire. En dehors du champ d’application de la loi Rixain, les entreprises étrangères du SBF 120 affichent un taux moyen de féminisation des comités exécutifs limité à 18,8%. Ce contraste souligne un point clé pour les dirigeants : sans contrainte juridique, la transformation des équipes dirigeantes demeure lente, voire marginale.

Les femmes au sommet : un enjeu de pipelines et de postes tremplins

Pour les dirigeants, le principal point dur reste l’accès des femmes aux fonctions de direction générale. En 2026, les femmes ne représentent que 10% des directrices générales dans le SBF 120 comme dans le CAC 40. Cette stagnation, observée depuis 2023, révèle un blocage structurel au sommet des organisations.

L’analyse des parcours permet d’en comprendre les ressorts. D'après ce Baromètre, seuls 30% des femmes membres des comités exécutifs pilotent une activité opérationnelle ou un centre de profit, contre près de 60% des hommes. Or, ces fonctions à responsabilité P&L constituent le principal vivier d’accès à la direction générale. Pour les dirigeants, l’enjeu est donc moins la féminisation quantitative des comités que la répartition qualitative des responsabilités stratégiques.

Cette segmentation des trajectoires appelle une action managériale directe. Comme l’indique Denis Terrien, président de l’IFA, « le point de vigilance se situe désormais au niveau des présidences de conseil ». Floriane de Saint Pierre, fondatrice d’Ethics & Boards, souligne de son côté que « l’accès des femmes à la direction générale est encore restreint », rappelant que la structuration des parcours constitue désormais le levier principal.


19 Février 2026