Arrêts de travail : le bras de fer s’intensifie entre l’Assurance maladie et les médecins




MG France, le premier syndicat de médecins généralistes de France, fait savoir son mécontentement vis-à-vis de l’acharnement dont fait preuve l’Assurance maladie dans sa traque d’arrêts maladie non justifiés.



Pour l’administration, chaque arrêt maladie plus long que la moyenne est suspicieux

L’Assurance maladie intensifie la lutte contre les arrêts maladie abusifs, et inévitablement, cela donne du fil à retordre aux médecins. Le syndicat de médecins généralistes MG France fait état d’une multiplication de procédures depuis quelques mois. Selon le syndicat, seul le nombre total de jours d’arrêt prescrits par le médecin intéresse l’Assurance maladie, dès lors qu’il déroge à des moyennes statistiques. Par ailleurs, l’administration ne s’intéresserait ni aux motifs ni même au fait que ces arrêts maladie sont parfois déjà validés par le médecin-conseil pour les arrêts de longue durée (cancer, dépression sévère...).

En Rhône-Alpes, par exemple, 1 200 médecins sur les 5 000 qui exercent dans la région ont reçu de la part de l’Assurance maladie un courrier questionnant leurs pratiques, a déclaré Claude Leicher, président de MG France, au Quotidien du Médecin.

Indigné, le syndicat MG France conseille aux médecins de renvoyer la balle à l’Assurance maladie

Selon MG France, ces pratiques « rajoutent à l’épuisement professionnel des médecins un sentiment profond d’injustice dans un contexte professionnel difficile, comme en témoignent les projections démographiques ». Le syndicat rappelle que la justification d’un arrêt de travail porte sur le motif de l’arrêt et la capacité de reprise du travail de chaque assuré, et que les médecins sont seuls décisionnaires dans ce domaine.

Le syndicat demande aux pouvoirs publics de trancher : soit ils laissent aux médecins la liberté de décider des arrêts maladie, soit ils décident de confier cette tâche aux médecins-conseils des caisses. En attendant une réponse, MG France propose aux médecins de se protéger en demandant systématiquement au médecin-conseil d’examiner chaque patient dès lors que la durée d'un arrêt excède une semaine.


25 Juillet 2017
Tags : médecine