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Désillusions et déconvenues à l'OMC





Les négociations de l’OMC ou Organisation Mondiale du Commerce sur le cycle de Doha sont apparemment loin d’aboutir. Depuis fin 2008, les démarches n’ont pas avancé. Pascal Lamy, le directeur de l’institution, décide alors de prendre les choses en main.



Un cycle de négociations infructueux

Lancées il y de cela 10 ans, en 2001, par l’Organisation Mondiale du Commerce, les négociations sur le cycle de Doha se retrouvent encore une fois sans résultats. Les principaux objectifs de ces négociations commerciales étant de minimiser les subventions agricoles et les barrières douanières, et ainsi de s’orienter vers une libéralisation optimale des services, c’est dans la filière de l’agriculture elle-même que les discussions sont nécessaires. Les négociations de Genève, devant apporter les solutions nécessaires pour rééquilibrer le cycle de Doha, affichaient pourtant un nouvel échec le 29 juillet. Le principal but des démarches est de supprimer les barrières au niveau du secteur agricole. Une filière qui, bien que ne représentant que 8% du commerce mondial, se retrouve souvent bloquée par des politiques surprotectrices.

Selon la chercheuse pour l’Overseas Development Institute, Sheila Page, les négociations sur le cycle de Doha se comparent à une « couche de peinture qui ne sèche jamais ». En réalité, si les discussions restent infructueuses, la conclusion des négociations précédentes y est pour quelque chose. L’Uruguay Round, lancé en 1994, a en effet imposé la transformation des barrières commerciales (quotas agricoles, entre autres) en taxes douanières aux pays de l’OMC. Résultats : les États touchés par la nouvelle règlementation ont choisi d’intégrer l’imposition des taxes au niveau des CSS ou clauses de sauvegarde spéciale, par peur d’excès d’importations. Le dispositif ne tarde pourtant pas à prendre un autre tournant. Désormais, il est utilisé par les gouvernements pour protéger les productions de prestige en politique, notamment le sucre.

Pascal Lamy monte le ton

Malgré sept années de négociations infructueuses, il n’est pas question pour Pascal Lamy d’abandonner les démarches. Le directeur de l’OMC compte, au contraire, rouvrir les débats pour pouvoir aboutir à une solution, et ainsi sortir le cycle de Doha de l’impasse. Dès le prochain confessionnal, qui durera 15 jours, les négociateurs auront à réétudier les questions. Car pour Pascal Lamy, les conséquences d’un nouvel échec pourraient être fatales au commerce international. L’économie mondiale en pâtirait largement, et les pays encore en voie de développement, comptant sur l’évolution du marché, ne peuvent qu’en faire les frais. Près d’un mois avant la présentation officielle des projets, Pascal Lamy s’est lancé dans des discours sensibilisateurs pour que les États membres fassent des efforts. Pour lui, les résultats ne peuvent qu’être « gagnant-gagnant ».

Avant de se précipiter dans des lignes de projets, Pascal Lamy prendra d’ailleurs le temps d’effectuer des analyses pointues. Entre Services et Agriculture, les situations de chaque pays seront prises en compte avant d’établir les démarches à suivre. La libéralisation des droits de douane étant une question particulièrement délicate. Les États unis souhaitent notamment imposer une réduction de 8% des productions industrielles des pays émergents, dont particulièrement celles de l’Inde, du Brésil et de la Chine. Tandis que la Chine reste ferme sur le sujet. Il n’est pas question pour elle de faire des concessions. Afin d’instaurer la transparence au niveau des discussions, Pascal Lamy souhaite ainsi publier les projets d’accord. Une intention jugée risquée par certains pays, dont notamment par les États-Unis, mais qui pourrait pourtant contribuer à la détection d’une sortie.
Crédit: World Economic Forum
Crédit: World Economic Forum


21 Juin 2011