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L’Assemblée nationale dit non au gaz de schiste





Les députés ont voté un amendement qui permettra d’interdire l’extraction de gaz par fracturation hydraulique.



La technique très controversée d’extraction de gaz de schiste ne verra probablement pas le jour sur le territoire français. Moyen d’extraction très économique et donc très rentable, il permet surtout d’exploiter de façon beaucoup plus poussée les gisements. Mais son extraction se heurte à plusieurs problèmes majeurs pour l’environnement.

Tout d’abord, ces gaz se trouvent emprisonnés dans la roche, qui est peu perméable et peu porose. Ainsi, il s’avère nécessaire de fracturer beaucoup de fois la roche en y injectant de l’eau est du sable (d’où le terme de fracturation hydraulique) afin d’extraire le maximum de gaz possible. Cette méthode conduit ainsi à une détérioration précipitée des sous-sols.

L’autre problème consiste en le fait que cette méthode d’extraction engendre des émissions très importantes de gaz à effets de serre, beaucoup plus importantes que celles qui résultent de l’extraction du pétrole ou du charbon. En cause, le CO2, mais plus encore le méthane rejeté lors de l’extraction.

Le problème de la pollution se pose également puisque dans la composition de la substance injectée dans la roche entrent des additifs chimiques, y compris des agents antimicrobiens. Ceux-ci se retrouvent stockés dans la roche et filtrent peu à peu, entraînant la contamination de nappes phréatiques, ce qui a un impact néfaste sur l’agriculture et les forêts. De plus, chaque opération de forage nécessite une grande quantité d’eau (environ 20 000 mètres cube par forage), ce qui s’apparente à un gaspillage.

La structure de la roche, enfin, se trouve détériorée du fait d’une fracturation fréquente, ce qui menace sa stabilité et met en danger les bâtiments et éléments d’infrastructure qui pourraient être construits sur ces mêmes terrains des siècles plus tard.

Si la fracturation hydraulique a toujouts enthousiasmé les États-Unis et le Canada, ce mode d’extraction n’a pas connu d'essais à grande échelle en Europe, beaucoup de pays ne l’ayant pas expressément autorisé. Avec ce vote à l’Assemblée nationale, la France ouvre donc la voie à une interdiction définitive à l’extraction de gaz de schiste.


25 Janvier 2017